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Très fréquemment nous avons l'occasion de "faire la courte échelle"
Non, non, pas de donner un conseil du genre "tu devrais faire ci ou ça"
De vraiment porter l'autre par une action. Parfois minime...parfois inconsciente...

_ Prenez d'abord quelques grammes d'intention sincère de donner un coup de pouce. Ne pas en attendre un bénéfice personnel autre que la joie d'avoir fait le geste. C'est déjà énorme, essayez !

_ Touillez avec une bonne dose généreuse de confiance en soi et en l'autre. Oui, parfois on se fait un peu peur...

_ Verser tout cela dans le moule de la demande de l'autre...Et oui, si votre collègue, ami, enfant, ... ne demande rien... alors mieux vaut d'abord l'inviter à exprimer sa demande.

Pour ma part, j'ai pris conscience de ce qu'il y a de fabuleux dans ce geste en participant à l'opération "Courte Echelle" à l'initiative de l'Association Arborus.


La courte échelle : un coaching solidaire au féminin

Article publié dans courrier cadre en 2005, rédigé par Christiane Migraine
 

Thé au gingembre pour Marianne, café pour Salima. Aux « Deux Abeilles », un petit salon de thé aux allures de bonbonnière situé non loin de la Tour Eiffel, les deux femmes ont leurs habitudes. « Il a bien poussé ce ficus depuis notre première rencontre. C’était quand ? Il y a deux ans déjà ? » Marianne, 40 ans, est ingénieur des Mines et directrice chargée de la veille énergétique à Air Liquide. Salima, de neuf ans sa cadette, a grandi à Epinay-sous-Sénart (Essonne). Fille d’un ouvrier du bâtiment d’origine algérienne et d’une mère au foyer, six frères et sœurs. Maîtrise d’histoire, puis la galère pour trouver du travail. C’est là que le destin des deux femmes se croise.

Marianne est la « marraine » de Salima. Elles se sont rencontrées grâce à « La Courte Echelle ». Un programme qui rapproche des cadres d’entreprise et des jeunes diplômées – des femmes uniquement – issues de la banlieue.

Le jour de la présentation des marraines et des filleules, dans les locaux de l’association Arborus à Paris, les deux femmes se choisissent au premier coup d’œil. Marianne perçoit tout de suite le potentiel et l’énergie de Salima. Spontanée, le regard brillant derrière des lunettes strictes, la jeune femme dégage une incontestable énergie. Marianne veut l’aider, mais comment faire ? « Malgré un boulot très prenant et l’éducation de mes trois enfants, j’avais envie de m’engager dans une action solidaire. La tradition familiale, certainement. Mon père était maire de sa petite commune, en Bretagne, et ma mère engagée dans de nombreuses associations. »

Le premier rendez-vous a lieu dans la maison de Marianne, à Viroflay. « Cela m’a beaucoup touchée, reconnaît Salima. Les enfants jouaient à côté. Nous nous sommes tout de suite tutoyées. » L’après-midi sera studieux : travail sur le CV, bilan professionnel. « Je pensais plutôt à l’enseignement. Je ne connaissais rien au monde de l’entreprise. J’avais besoin que quelqu’un oriente mes recherches. » Marianne confirme : « Ce que j’ai d’abord voulu faire, c’est lui prouver que ses compétences étaient transférables dans l’entreprise. »

La jeune femme songe à s’orienter vers les ressources humaines et Marianne confirme son choix. Elle lui propose de commencer par un poste d’assistante. Elles lancent ensemble un programme d’actions : annonces, candidatures spontanées, intérim... Chaque mois, elles se retrouvent pour faire le point.

« Il lui manquait une première expérience», se souvient Marianne. Elle transmet son CV à plusieurs collègues à Air Liquide. « J’ai expliqué mon action dans l’association et ç’a été très bien perçu. » Résultat, on propose à Salima un remplacement d’été comme assistante d’un directeur de département. Marianne veille sur elle, lui donne informations et conseils. 

Très vite la jeune femme trouve ses marques et fait ses preuves. D’autant que son patron devient une sorte de deuxième « parrain ». Il la rappellera un peu plus tard pour un CDD de six mois : un poste de gestionnaire de la base intranet. Salima prend confiance. « Je n’attendais pas qu’on pêche les poissons pour moi, mais qu’on m’apprenne à pêcher. » Grâce à une amie, elle entre chez Accenture comme assistante RH, chargée de recrutement. Un poste en intérim, mais la route est tracée… 

Marianne est admirative. « J’ai compris à quel point le fait de croire en quelqu’un est une force. C’est un déclic qui l’aide à surmonter les obstacles. Et j’ai été agréablement surprise de voir à quel point ma démarche a été bien perçue, dans la société comme au dehors. »

Les deux femmes entretiennent désormais une relation faite de complicité et d’amitié… sur un pied d’égalité. « Marianne reste un repère dans ma vie professionnelle. Je sais que je peux l’appeler à tout moment. Elle m’a aidée à y voir clair sur moi-même, sur mes envies et m’a donné des clés pour agir. »

Une quinzaine de marrainages viennent d’être lancés par Arborus. L’association cherche encore des volontaires. « Nous voulons étendre cette démarche pour lutter contre toutes les discriminations liées à l’origine ethnique ou sociale, mais aussi à l’âge. Pour les femmes, par exemple, qui ont fait un break pour s’occuper de  leurs enfants», explique Chantal Caumel, responsable de ce programme chez Arborus, coach et fondatrice de la société Elancoach.

Pour sa part, Marianne va reprendre du service pour aider… une amie de sa filleule. Quant à Salima, elle veut s’aguerrir encore quelques années, avant de faire, à son tour, la « courte échelle ».

 

 

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